“Mon amour, je t’attends.
Je t’attends près du citronnier avec ses fleurs,
partout où la vie se tiendra
et où naît le printemps,
mon amour, je t’attends.
Mon amour, quand on te dira
que je t’ai oubliée, et même
si je suis celui qui le dit,
même quand je le dirai
ne me crois pas,
qui pourrait, comment pourrait-on
te détacher de ma poitrine.
Entre-temps je t’écris
pour te dire : « Je t’aime ».
Pour te dire : « Je t’aime », soigne
nettoie, lève,
protège
notre amour, mon cœur.
Je te le confie comme on laisse
une poignée de terre avec ses graines.
J’achève maintenant ma lettre
sans tristesse aucune :
au milieu de la vie, toujours
je me tiendrai avec à la bouche ton nom,
avec un baiser qui jamais
ne s’est écarté de la tienne.”